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Carton Rouge Décembre 2007 PDF Imprimer E-mail
Vendredi, 30 Novembre 2007 01:00

Au sommaire:

  • Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre contre ce gouvernement !
  • Jeunes des quartiers, scolarisés, en apprentissage ou précaires : Ils nous divisent : soyons solidaires !
  • Les LP dans le collimateur du gouvernement

 

Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre contre ce gouvernement !

Avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, c’est toute une partie de la population qui redoutait la politique qu’il voulait mettre en place. Casse des universités et précarisation de la jeunesse, casse des retraites du publique et du privé et remise en cause de l’accès au soin pour tous, et ce n’est qu’un début. Dès le départ, la mobilisation des étudiants et des lycéens a fait l’objet d’une répression importante: charges de CRS contre les piquets de grève, utilisation de vigile, fermetures administratives de facs… Nous n’étions pas soutenus par l’ensemble des syndicats et des partis de gauche institutionnels – le PS ayant toujours été pour cette loi – et la suspension de la grève des cheminots n’a pas facilité les choses.

Mais, tout comme les cheminots, les étudiants et les lycéens ne sont pas défaits. Même si nous sommes conscients qu’il sera difficile d’obtenir l’abrogation de la LRU, nous n’avons pas perdu la guerre contre ce gouvernement. Ce mouvement nous a redonné confiance dans notre capacité à lutter, et nous avons prouvé qu’il était possible de résister à Sarkozy.

Le gouvernement n’a, pour le moment, pas cédé sur le retrait de la loi, et essaye de faire croire qu’il a accorder certaines avancés. Mais nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces mesures, car elles ne remettent pas en cause le cœur de cette loi, à savoir l’ouverture aux financements privés des universités. Le gouvernement a juste essayé de faire taire une mobilisation qui lui faisait peur.

Au Havre comme ailleurs, l’UNEF, qui depuis le début de la mobilisation, ne défend pas l’abrogation de la loi, a rapidement appelé à suspendre la grève dans les universités. Depuis le début de l’été, sa direction à négocié avec le gouvernement l’application de la loi, en contrepartie d’une promesse de rénovation de logement étudiant et d’augmentation des bourses qui n’est jamais arrivée.

Du coté de l’administration, à la fac elle et certains profs ont tout fait pour contrer le mouvement. Menace de fermeture administrative, procédure au tribunal administratif pour envoyer les CRS casser le blocage, menace de plainte contre les personnes du comité de grève, chantage aux examens… Alors que les résultats du référendum organisé par l’administration, en contournant la légitimité des AG, ont été favorable aux grévistes, celle-ci n’a pas reconnu le vote des étudiants et à continuer son chantage aux CRS contre le blocage.

Mais l’heure ne doit pas être à la reprise de notre « train-train » quotidien. Notre priorité est de faire le bilan des forces et des faiblesses de cette mobilisation pour préparer les batailles à venir dans les meilleures conditions possibles. Pour gagner, nous devons chercher à être le plus possible en grève et en manifestations. Nous devons chercher à impliquer un maximum de gens dans la construction quotidienne de la grève. Ce qui fait peur au gouvernement, c’est la grève et sa généralisation à plusieurs secteurs de salariés. Pendant le mouvement contre le CPE, ce qui a fait céder le gouvernement ce sont les manifestations de 3 millions de personnes, qui regroupaient les étudiants, les lycéens et les salariés.


Jeunes des quartiers, scolarisés, en apprentissage ou précaires : Ils nous divisent : soyons solidaires !

CPE, loi Pécresse, LMD, loi Fillon, la jeunesse est descendue régulièrement dans la rue ces dernières années pour défendre ses droits. Précarité, privatisation de l’enseignement galères pour trouver un boulot, un logement… On nous répète qu’on sera la première génération à vivre moins bien que nos parents, dans un pays toujours plus riche, la situation des jeunes ne fait qu’empirer...

Face à ce constat de nombreuses organisations proposent la mise en place d’un vrai revenu pour les jeunes (avant le RMI qui commence à 25 ans). Cette société en a les moyens. Une allocation pour étudier sans avoir à travailler, faire nos choix, être indépendants de nos parents, vivre librement notre sexualité.

L’accès au logement est un véritable casse-tête pour tous les jeunes qui cherchent à être autonomes ou partir étudier dans une autre ville. Les logements en Cité-U se font de plus en plus rares, et comme on a pu le voir au Havre l’année dernière avec la fermeture d’un quart des logements du CROUS. Il est nécessaire d’avoir un réinvestissement de l’état dans la rénovation de nouveaux logements.

L’accès aux transports est aussi un vrai problème pour les jeunes. Bien souvent l’achat d’une voiture, ou même passer le permis coûte trop chère. Les transports en commun deviennent alors une obligation. Alors qu’au havre une carte de bus coûte 30€, les transports en commun doivent être gratuit pour les jeunes.

Avec la pression social et familial, il est souvent difficile de vivre librement sa sexualité. Les difficultés vécues par les homosexuels sont la première cause de suicide chez les jeunes, il est urgent de créer des centres d’accueil gérés par les associations LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans) pour les jeunes confrontés à l’homophobie dans leur famille. Il est urgent que l’accès à la contraception, et à l’avortement soit libre et gratuit même pour les mineures.


Les LP dans le collimateur du gouvernement

Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé une réforme surprise du baccalauréat professionnel. Il s’agit de la généralisation des diplômes Bac pro préparés en 3 ans, au lieu du cycle habituel BEP/Bac pro préparé en 4 ans. Cette nouvelle attaque aura comme conséquence de supprimer les BEP dans la quasi-totalité des filières tertiaires, industrielles et agricoles. Résultat : on fera en 3 ans la même chose qu’en 4 ans précédemment ! 25 % de cours en moins pour les élèves et 25 % de profs en moins, on voit bien l’objectif de la mesure : faire des économies encore et toujours. Avec, à la clef, un tri social renforcé puisque de nombreux élèves qui auraient pu décrocher un BEP auparavant renonceront à s’engager dans une filière plus longue et plus difficile. La suppression du BEP signifie donc pour des centaines de milliers de jeunes la perspective de se retrouver sans aucun diplôme. Pas question d’accepter ce recul. Tous mobilisés contre l’école au rabais !

 
 

Mobilisation !

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